Spectrographies

« J’appelle précisément fantastique, ce que l’on ne peut pas voir avec ses yeux »
Catherine Malabou, Le change Heidegger, Leo Scheer, 2004


Le travail artistique Smith confronte différents médiums et techniques de représentation du réel, de la caméra thermique au drone-caméra, en passant par les puces électroniques implantées, ou la mise en scène d’hormones de synthèse. S’y téléscopent de multiples registres d’images et de techniques de captation, liées au dévoilement de l’invisible ou, plus exactement, à l’élaboration d’un regard autre sur les corps vivants – présents, ou absents. A l’heure où les technologies de contrôle et de communication sont devenues injectées, incorporables, invasives, les concepts de visible et d’invisible, de présence et d’absence, d’incorporation et de transition occupent dans son oeuvre une place privilégiée : transition d’une identité, d’un état, d’un espace vers un autre, brouillant les frontières intérieures, et actualisant plastiquement ce trouble. Smith présentera son travail, interrogeant la façon dont certains concepts régissant ses travaux les plus récents (tels que le genre, l’absence, les cas de PTSD…) peuvent être matérialisés dans des formes visibles à travers les technologies actuelles de captation du réel.


Dorothée Smith (Le Fresnoy)

Née à Paris en 1985. Artiste et doctorante à l’UQAM et au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains.

http://smith.pictures